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Prochaines diffusions sur France 3 Bretagne, Normandie, Pays de Loire, Centre, le 21 mars 2012 à minuit,et le 27 mars à 8h55...

L'Algérie, De Gaulle et la bombe

2010

  • Réalisation : Larbi Benchiha

  • Image : Thierry Le Vacon

  • Montage : Katia Manceau

  • Musique : Yasmina Di Meo

  • Producteur / distributeur : Aligal production

  • Coproduction : France 3

On February 13, 1960 at 07:04 am, about 40 kilometres away from the town of Reggane, the first French nuclear bomb exploded in the Algerian sky.
Code name: Blue Jerboa, 70 Kt power, four times as much as on Hiroshima.
In 1962, after the Evian agreements, while crowds of French people were leaving newly independent Algeria, French servicemen and scientists went on undisturbed with nuclear tests in the Sahara desert, and they did so for several years. President Charles de Gaulle had decided on having the bomb, and this was one of the secret issues at stake in the Algerian War.
Larbi Benchiha has a new way of dealing with the well-known issue of these first nuclear tests. No unforeseen exposure, no amazing scoop, no sensational new stand. However, this film does tell a story that is not at all well-known.



Le 13 février 1960 à 7h04, la première bombe nucléaire française explose dans le désert du Sahara au sud de Reggane.

Cette explosion se fait contre l’avis des USA, de l’URSS et de la Grande Bretagne. Les trois puissances atomiques de l’après-guerre viennent de signer un moratoire contre les essais atmosphériques et la France est visée directement par ce moratoire.

La bombe, le général de Gaulle la veut à tout prix. Le pays est en pleine guerre d’Algérie mais dans le sud saharien, loin des combats qui déchirent deux communautés, les expériences et les tirs se succèdent sans discontinuer même pendant le putsch des Généraux.

De Gaulle est pressé, alors on multiplie les tirs, et comme les Américains ou les Anglais ne veulent absolument pas que la France entre à son tour dans le concert des nations nucléaires, ils se gardent bien de donner au Français la moindre information. Il faut tout inventer, tout imaginer, on prend des risques, beaucoup de risques, certains en paieront le prix fort !

30ème festival international de film d'Amiens -2010La bombe, voulue par de Gaulle, a été un des enjeux secrets de la guerre d’Algérie, elle a pesé lourdement dans toutes les tractations secrètes entre Paris et le FLN. Le Maroc a eu son indépendance, la Tunisie aussi et les limites de leur territoire se sont arrêtés aux portes du désert car, si depuis des années le gouvernement sait que l’Algérie sera un jour indépendant, le Sahara où se font les essais nucléaires, ne fait pas partie des tractations. Il doit rester français.

En Algérie, les futures responsables de la jeune République rêvent d’un grand pays qui deviendrait un acteur majeur en Afrique. Le FNL négocie durement et ne lâche rien. Alors oui ce sera l’indépendance, avec le Sahara en prime, mais les Français obtiennent l’essentiel :  le maintien sur place de la base expérimentale nucléaire.

Quand, en 1962 après les accords d’Evian, les rapatriés quittent en masse l’Algérie devenue indépendante, des militaires et des scientifiques français vont continuer tranquillement pendant plusieurs années leurs essais au sud du Sahara.

C’est cette histoire peu connue que ce film va raconter.



festival international du film panafricain - avril 2011Le film fonctionnera comme un voyage rythmé dans l’espace et le temps entre la France et l’Algérie.

Il sera construit sur les témoignages des acteurs directs de cette histoire. Ils vivent aujourd’hui en France ou en Algérie. Pour la plupart ils n’ont pas vraiment compris ce qui se passait et quels étaient les enjeux de ce qu’ils ont vécu.

Ce premier niveau constitue la base sur laquelle je vais construire mon film. Une histoire racontée par des quasi inconnus, des gens comme vous et moi, de simples soldats, des habitants des villages voisins. Ils nous livreront leurs témoignages et pour certains les souffrances qui les accompagneront durant toute leur vie. Les essais nucléaires se sont faits dans la précipitation, les effets réels d’une explosion n’étaient pas, loin s’en faut, parfaitement connus. Beaucoup se sont retrouvés trop près ou sont venus inspecter les lieux trop vite. Pour d’autres, leur présence à proximité avait échappé au service de surveillance mal informé ou mal préparé. Une fois les Français partis et l’indépendance obtenue, les autorités algériennes n’ont pas vraiment pris en compte les conséquences à long terme des installations restées sur place.

Beach festival du documentaire de Kribi - CamerounCe premier niveau de témoignage sera mis en perspective par les récits des acteurs directs des négociations entre Paris et le FLN. Eux ont participé à l’élaboration de ces accords, ils nous diront comment le poids de la bombe a pesé dans l’histoire de l’indépendance de l’Algérie. Leurs récits viendront en contrepoint pour donner un éclairage direct aux événements.

Le troisième niveau viendra des analyses de Maurice Vaisse, spécialiste des accords d’Evian et de Mohamed Harbi, historien algérien.

Le discours officiel français en charge de la mise en place du programme nucléaire sera donné par les archives des actualités de l’époque. Mais il y aura aussi les archives non autorisées, les images (photographies et films) prises clandestinement par les témoins et qui donneront un point de vue autre que celui des militaires.







Photos de tournage à Senlis et Paris